Notre feu d’artifice à nous !

Publié le par JANODOU


Mardi 14 juillet – Modène – Lac de Suiviana – 105,5 km – 7h55

Pour la première fois, c’est Edouard qui décide de partir tôt, c'est-à-dire à 7h. Depuis que je lui dis tout l’intérêt de « partir à la fraîche » et que durant mon périple de 1983, je ne roulais pratiquement que le matin et en fin d’après midi, il a du sentir venir une journée chaude, très chaude. Prémonition.
Nous partons de la très belle cité de Modène en direction de Vignola avec l’intention de faire un maximum de kilomètres dans la matinée. Peu de chance d’éviter la circulation, c’est le moment choisi aussi par tous ceux qui partent au travail. Les choses s’arrangent lorsque nous laissons toutes ces voitures et camions prendre l’autoroute qui nous éloignera de la pollution.
Depuis trois jours maintenant, les Apennins nous regardent, nous surveillent, se demandent bien si nous oserions les taquiner et venir goûter à ses flancs que l’on aperçoit depuis un moment. Ses palettes de couleurs sont infinies et passent par des touches de vert jetées ça et là pour planter les buissons, puis du vert au gris bleu pour définir les collines. Au sortir d’un virage, un vert très pale devient presque blanc sous l’effet de la chaleur qui maintenant s’installe, comme pour nous dire qu’elle est chez elle et qu’elle fait partie du décor. Au fond de ce tableau, les plans s’ajoutent un à un à mesure que nous grimpons les 26 kilomètres de pentes douces noyées par un soleil qui atteint son zénith à l’heure où nous déjeunons. Etonnamment, nous ne souffrons pas de la canicule, l’air circulant autour de nous pendant que nous pédalons. Mais gare aux arrêts en pleine chaleur qui vous assommerait un cheval comme pour rire !
En même temps que nous sommes en admiration face à tant de paysages sculptés dans la masse, nous sommes en quête permanente de « l’acqua », de cet or blanc qui peut vous dessécher rapidement et vous mettre hors d’état de continuer le moindre kilomètre, de sentir son corps plongé dans une extrême fatigue. Alors, nous surveillons les bidons et, quand c’est nécessaire, nous nous arrêtons chez l’habitant qui se fait un plaisir de nous recharger en magnésium. Il ne rate pas non plus l’occasion de montrer son admiration sur notre entreprise et il y a toujours un autochtone pour nous dire qu’il connaît quelqu’un dans une ville française, qu’il a une sœur qui travaille en France ou qu’il admire Paris. C’est comme ça depuis le début !
Cette journée du 14 juillet est peut-être une des plus intenses qu’on ait eue depuis ce 21 juin, jour de notre départ. Intense dans les kilomètres (nouveau record), intense dans l’émotion d’avoir traversé une superbe chaîne montagneuse dont nous ne soupçonnions pas la richesse végétale, minérale presque toute peinte en vert dans cette Italie écrasée de chaleur. Cette journée a été particulière aussi dans la façon dont elle a été découpée : près de 70 km à la « fraîche » et le reste en fin d’après midi jusqu’au bouquet final de ce feu d’artifice national qui s’est produit à l’arrivée au bord du lac de Suiviana, au nord-ouest de Prato. Là, majestueuse, une retenue d’eau artificielle au milieu d’un décor de carte postale a fait notre bonheur. D’abord celui de nos yeux puis celui de nos muscles tout de même endoloris par ces huit heures passées sur la selle.

Petite ombre au tableau. Dans la soirée, pendant que deux pêcheurs préparaient avec méticulosité leur terrain du lendemain, un individu est passé à l’endroit même où nous nous préparions à passer une nuit à la belle étoile. Il est parti comme il était venu, sans chercher à lier conversation, ce qui m’inquiéta un peu plus. Sans en parler à Edouard, je me suis trouvé un « gourdin » que je gardais à portée de main pour la nuit. Le moindre bruit nocturne, et ils sont nombreux, me faisait sursauter et la nuit fut blanche, comme je pouvais le craindre.
Heureusement je n’eus pas à me servir de cette arme préhistorique de fortune et au réveil, lorsque je racontais à Edouard cette mise en scène rocambolesque, j’ai essuyé ses sarcasmes. C’est pas bien de se moquer Edouard !




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Publié dans GOUVIEUX-ROME

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A
jeudi 16 07<br /> <br /> Bonsoir les aventuriers<br /> bon et bien encore plus de 100 bornes ce mardi, à cette vitesse vous allez devoir attendre le convoi du retour. Si vous en avez fini avec les apennins, la route doit être plus facile, vous devriez basculer vers la côte et vous laissez glisser vers la cité vaticane.<br /> Allez encore un coup de collier et vous accrocherez un bel exploit à votre carte de visite.<br /> ein est ter tous avec vous
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D
TRES BEL ANNIVERSAIRE, EDOUARD !!! <br /> Les quelques jours où nous n'avons pu vous lire vous ont vus vous lancer dans des étapes de 100 km : pas étonnant que vous déclenchiez l'adminiration de tous ceux que vous rencontrez. Nous nous joignons volontiers à eux : chapeau bas devant vous !!<br /> Les photos sont un régal pour les yeux<br /> Chaleureux encouragements de 2 flumerans !!
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R
Bonjour les Cyclistes,<br /> Je ne résiste pas à l'idée de vous rapporter cette anecdote. Il se trouve que j'ai un ancien collègue de travail qui a pris sa retraite dans une cabane isolée prés du lac de Suiviana. Je l'ai eu au téléphone pas plus tard qu'hier et il m'a dit qu'en se promenant mercredi en fin de journée, il a aperçu 2 cyclistes étrangement harnachés et quelque peu hagards. Ayant des doutes sur les intentions peut être malveillantes de ces 2 vagabonds, il a passé une nuit blanche avec une fourche à proximité. Je me demande si vous n'étiez pas ces 2 routards? Etrange coïncidence. Bonne route les Cyclistes et à plus tard pour d'autres anecdotes.<br /> Raph
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D
Salut aux cyclonotes Je lis toujours avec un peu d'envie votre périple journalier. La langue comment vous débrouillez-vous Français Anglais à moins que vous parliez italien ?<br /> Bon courage <br /> Dominique et Marie-Joe
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