Cueillis à froid, arrivée torride !
Mercredi 15 juillet – Lac de Suiviana – Florence – 85,4 km – 6h40
Bon anniversaire Edouard !
Il y a des anniversaires qui marquent plus que d’autres dans la vie de chacun, celui-là, Edouard s’en souviendra je pense.
Un réveil à 6h30 après une nuit au bord d’un lac à vous couper le souffle, un petit déjeuner copieux que l’on espère toujours suffisant pour notre consommation d’énergie, une réserve journalière d’eau de source puisée sur le lieu même et fraîche à souhait, le matériel plié par les spécialistes que nous sommes maintenant et nous voilà partis, bon pied bon œil, pour nous rapprocher de notre but final, distant encore de 400 km environ.
Edouard n’a pas trop eu le temps de siffloter comme il le fait habituellement en moulinant un maximum pour se dérouiller, et je n’ai pas trop eu le loisir de me mettre doucement en jambes comme je le fais chaque matin pour ne pas brusquer la machine moins bien huilée à l’approche de la soixantaine moins rugissante. Non, franchement, nous n’avons pas eu le temps de tout ceci avant de se voir dresser devant nos pneus un mur de macadam qui allait durer 15 km, avec des pourcentages à 10% dans les sept premiers kilomètres et de 12 et plus sur la fin.
Pour un jour d’anniversaire, Edouard aurait peut-être espéré mieux, une grasse matinée par exemple. Une autre fois cette douceur. Cet effort aussi soudain que violent laissera des marques pour le restant de la journée. Une cinquantaine de km quand même dans la matinée et une arrivée dans un village peu accueillant, situé dans une cuvette terriblement chaude, torride, avec des bouffées d’air brûlant à faire cuire un œuf simplement posé sur nos sacoches. Nous nous arrêtons, en panne d’énergie.
Nous reprenons quelques forces avec quelques aliments achetés sur place et un repos à l’ombre d’un cèdre bleu qui nous protègera des rayons du soleil, mais pas de la chaleur. Il nous faut faire violence pour repartir sur nos bécanes et couvrir les 35 km qui nous séparent de Firenze, la superbe Florence.

Dix kilomètres de routes à quatre voies, sans autre solution apparente, et une arrivée sur la capitale de la Toscane dans la fournaise et les embouteillages, loin, très loin de notre arrivée d’hier sur les bords du lac. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.
Ce fut la journée des rencontres dans cette difficile mais magnifique journée apennine. Celle d'avec Massimiliano, vieux paysan toscan qui passe désormais le reste de son temps dans sa région natale après avoir passé quelques unes de ces années de travail à l'Estaque de Marseille, puis en Belgique et enfin à Maubeuge, dans le nord de la France. Puis celle d'avec un voyageur italien qui commençait son long voyage vers le Cap Nord. Vaste et superbe programme qui l'amènera à traverser sept pays. Et enfin, la rencontre extrêmement sympathique d'avec Farid, parti de Lille et qui termine son périple sur Pescara, sur l'Adriatique. Comme toujours, des échanges vrais et sincères sur des choses simples de la vie.
Demain est un autre jour et Florence nous attend.