Avant l’attaque du col de Nufenen

Dimanche 5 juillet – Col de Grimsel – Ulrichen – 18,5 km – 49mn
Ce matin, il reste des séquelles de la veille tellement nous avons puisé dans nos réserves. Malgré cela, nous partons confiants en direction de la deuxième grande difficulté de notre périple.
Sur le vaste parking situé à même le col, c’est véritablement le grand rassemblement des communautés randonneuses. Les « Bikers » semblant toujours prendre la vie du bon côté sont les plus nombreux, les cyclistes sur route qui depuis notre arrivée en Suisse ne nous adressent pratiquement aucun signe amical et ne répondent à aucun des nôtres, les randonneurs à pied se préparent dans la joie et la bonne humeur à une virée dominicale à travers « leur » montagne, et enfin, le traditionnel car japonais que l’on trouve partout en cette période estivale fait aussi partie du décor en déversant ses voyageurs vers les tables de l’hôtel qui ne désemplit pas durant la préparation de notre départ.
Et pas un cyclo-voyageurs en vue, hors mis deux que l’on croisera dans la descente vers Ulrichen. Toute cette effervescence ne nous met pas à l’aise et nous accélérons les préparatifs. Avant notre départ, nous cherchons une personne qui accepterait de nous prendre en photo devant le panneau indiquant le passage du col. Tradition oblige ! C’est un Allemand qui s’y colle non sans nous avoir fait toutes les recommandations possibles, du chemin à prendre au bon fonctionnement de l’éclairage, en passant par la vérification du gonflage de nos pneus.
C’est enfin le départ et nous nous glissons dans un flot de voyageurs qui coule vers la vallée comme coule le Rhône, tout juste né de la fonte du glacier du même nom. Surprenante image d’un cours d’eau ordinaire de montagne qui deviendra grand, très grand jusqu’à la Méditerranée.
La journée sera courte, très courte et s’arrêtera à Ulrichen, petite bourgade située au sud-est de la Suisse, dans une vallée très encaissée dont un des possibles départs de col nous ouvrira la porte de l’Italie. Ce col de Nufenen qui se dresse devant nous, qui nous angoisse un peu tant les superlatifs pas toujours rassurants sont nombreux quand nous interrogeons la population locale.
Mais toujours, la conversation se termine par des éloges du décor sur les deux versants de la montagne. Ca nous aidera, nous l’espérons, dans cette ascension vers l’Italie et ses régions des lacs.