Les premières cigales nous ouvrent la voie du sud

Mardi 7 juillet – Giornico – Lac Majeur (Losone) - 54km - 3h40
A notre arrivée sur Locarno, au bord du Lac Majeur
La nuit orageuse nous fait craindre la pluie sur notre route qui mène au lac Majeur, de plus, Roberto nous indique un vent de la vallée qui annonce que les grenouilles seront à la fête.
Elles le sont dès la première heure et nous nous équipons en conséquence. Ca n’est pas si désagréable que ça surtout que les nuages se font de plus en plus blancs et moins nombreux. La vallée s’élargissant, ils ont la place pour s’étaler et nous pour nous faufiler à travers. Nous passons rapidement la capitale du Tessin, Bellinzona, la ville aux trois châteaux puis longeons cette vallée qui voit passer, sur un espace des plus réduit, une route très fréquentée en ce mardi, une autoroute qui représente une artère économique importante dans l’axe Allemagne-Italie, la voie ferrée, même axe, même importance et toute ces usines qui font vivre ce canton du Tessin. Roberto, de Giornico m’expliquait que la vallée se meurt peu à peu avec la fin de l’exploitation du fer. Les ouvriers continuent à extraire le granit et quelques emplois subsistent, la vigne leur rapporte trop peu pour vivre et les commerces s’éteignent un à un. Le tourisme peut-il vraiment ranimer tout ceci ?
Après la pluie, le beau temps nous fait découvrir des merveilles de flancs de montagne où viennent s’accrocher des palmiers et, comme si cela ne nous suffisait pas pour nous convaincre que nous arrivons aux portes de l’Italie, les premières cigales nous enchantent les oreilles de leur mélodie si particulière, peut-être en guise de bienvenue.
La bienvenue, elle nous sera donnée par Monique et Hans qui nous font la joie de nous accueillir dans la banlieue de Locarno, située sur les bords du lac Majeur. Hans se met en quatre pour nous offrir l’essentiel pour un cyclo-randonneur, la nuit de repos et le bain. Il connaît bien son sujet puisque notre hôte est plus qu’un habitué de la route en vélo ; à l’âge de septante deux ans, il a parcouru 9 (neuf) fois le tour de la terre. Avec toute la curiosité qui le caractérise, je ne doute pas un seul instant que ce Zurichois d’origine puisse offrir à tous ceux qui l’écoutent son bagage pédagogique en matière d’histoire, de géographie et de philosophie. Je lui accorde volontiers la Maîtrise.
Un repas des plus chaleureux nous fait passer une soirée bien agréable et nous laisse de la Suisse, une image très belle. Qu’en sera-t-il de l’Italie ? Allons donc voir !