Une arrivée triomphale
Mercredi 24 juin – de l’Aube à la Haute Marne – 73,8 km – 5h55
La nuit passée sous la tente a été plutôt courte et nous a permis de lever le camp à 8h. La bonne heure pour se plonger dans les senteurs matinales des bois et pour profiter des premiers kilomètres de la journée à se dérouiller les jambes un peu raides. C’est notre quatrième jour de randonnée et les muscles durcissent. La douleur s’estompe et les jambes déroulent de mieux en mieux. C’est bon signe !
Nous savons que la prochaine étape se situe à Joinville dans la Haute Marne et nous saurons à la fin de la journée pourquoi ce département a été affublé d’un tel qualificatif. Après avoir quitté une route départementale qui n'était q'un défilé incessant de poids lourds, nous nous engageons dans une autre départementale moins chargée en mastodontes mais avec des lignes droites interminables, avec toujours ce vent de face qui ne nous lâche plus depuis maintenant deux jours et, pour justifier le nom de ce département, des routes montantes, montantes, montantes.
Nous avions le sentiment que notre périple devait passer par les 4807m du Mont Blanc et que nous allions plonger dans la ville de Rome après une descente vertigineuse de plusieurs centaines de kilomètres. C’est drôle parfois les impressions !
Ma petite expérience d’il y a quelques années m’a appris que c’est le prix à payer pour donner de la vraie valeur à ce qui est entrepris, dans quel que domaine que ce soit, sportif ou autre. Puisse Edouard en prendre conscience, c’est aussi ça le challenge final. Atteindre un but ne doit pas être une fin en soi mais au contraire un commencement à autre chose.
Après une lutte de tout instant contre Eole sur environ les 50 derniers kilomètres de la journée, nous avions convenu avec notre hôte de la soirée d’une heure approximative d’arrivée mais la dure bataille, la tête rivée dans le guidon a retardé l’étape. Mille excuses Gérard et merci d’avoir fait patienter ton comité d’accueil si bien choisi. Excusez du peu ! Tout d’abord, nous avons été surpris, Edouard et moi, par un couple de cyclistes qui nous propose de faire un bout de chemin ensemble, juste avant une très longue montée sur las hauteurs de Joinville et juste avant une descente délirante de vitesse. Une troisième personne s’est jointe au cortège, rien de moins que Jean Paul STEPHAN, quadruple champion du monde de VTT Masters.
Lorsque nous posons pied à terre, notre ami Gérard nous accueille avec son fils Mathieu, Monsieur le Maire, la presse locale, les représentants du club de VTT et bien d’autres personnes encore. Nous sommes une deuxième fois émus lorsque nous recevons des mains de JP STEPHAN, son livre avec une dédicace touchante. Méritons-nous vraiment tous ces honneurs ?
La fin de journée sera un bonheur sans égal. Nous faisons la connaissance de Nao, la compagne de Gérard, qui peaufine sa pièce de théâtre qu’elle a écrite et qu’elle va jouer dans le cadre du festival d’Avignon, Mathieu nous fait part de son travail dans le collège de Joinville et enfin nous n’oublions pas Canelle, l’adorable Yorkshire Toy (« Uko, elle n’a pas de « fortes lunettes » mais elle m’a chargé d’un courrier avec sa photo »).
Un retour sur Gérard qui mérite bien qu’on s’attarde sur son formidable projet de créer de toute pièce un « café théâtre » dans la charmante ville de Joinville, à l’intérieur d’un ancien cinéma qu’il transforme depuis maintenant trois ans. Nao et Gérard accueillent les troupes culturelles, organisent divers spectacles dans la région et ont pour ambition de faire de « La Lucarne », nom donné au futur café théâtre, un lieu de passage et de rencontres ouvert à tous les esprits, dans des domaines les plus variés. Ils réussiront dans cette difficile entreprise à n’en point douter !
Quant à Edouard, il a failli ne pas repartir le lendemain tellement le Loft dans lequel nous venions de passer quelques heures très agréables était « trop ».
Aujourd'hui coucou à Fred, notre jeune président de la société historique de Gouvieux, à Estelle ainsi qu'à Sabine et Jacques nos fervents supporters d'Antony, à Rapha, Alain et Jacques, les trois mousquetaires Ariégeois vers qui mes pensées sont allées en traversant les villages du Morin et la ville de la Ferté sous Jouarre.