La Champagne accueillante

Lundi 22 juin – BUSSEROLLES/SAUDOY - 59 km – 4h15
Edouard se balade seul dans le petit parc de La Ferté Gaucher, en Seine et Marne. Nous nous y sommes arrêtés, le temps d’une recharge d’énergie et de repos musculaire. Il semble apprécier ces moments de solitude et de quiétude, un retour sur lui-même sans doute nécessaire, avant de repartir pour quelques petites heures sur notre VEM respectif (Véhicule à Energie Musculaire).
Depuis le départ de ce matin, vers les 10h, nous avons parcouru une vingtaine de km. C’est peu, mais ils viennent après les 93 km d’hier et une côte à 7 ou 8% dès le premier quart d’heure de mise en jambe et sur 3 km. Nous avons eu le pressentiment que la journée ne serait pas de tout repos.
Le programme de cet après midi consiste à avancer vers le département de la Marne et de nous mettre en quête d’un gîte. Pour la première fois, nous allons être confrontés à pédaler tout en cherchant la moindre occasion de nous poser pour la nuit, dans un lieu sauvage ou chez l’habitant. Peut-être allons-nous même trouver un habitant sauvage qui nous offrira l’hospitalité. C’est ça aussi la joie et le pigment de ce périple, résoudre l’inconnu.
Après de longues et interminables lignes droites qui achèvent la traversée de l’Ile de France, nous atteignons les premiers coteaux champenois. Les lignes droites se transforment en lignes courbes, les plats en montées et descentes, les descentes en faux plats. Six heures sonnent au clocher de l’église, il est temps de faire le plein d’eau pour la boisson de la nuit, pour le petit déjeuner mais surtout pour cuire notre ration de nouilles qui nous aidera à emmagasiner les sucres nécessaires aux routes du lendemain. En même temps que l’eau, nous cherchons trois mètres carrés de terrain pour y installer notre toile de tente pour la nuit.
Le hazard nous fait alors rencontrer l’amuseur du village, celui qui distille les bons mots à tout le village voire à tout le canton, celui qui connaît tout le monde et que tout le monde connaît, celui qui finira par avoir de la reconnaissance et un peu de pitié quand il a vu deux cyclistes arriver sur leur drôle d’engin et dont l’état de fraîcheur laissait à désirer.
« Vous n’irez pas plus loin ce soir, vous irez dormir dans mon vendangeois ! » (maison de viticulteur réservée à l’accueil des vendangeurs pendant la saison).
Je crois me souvenir que nous avons eu à peine le temps d’accepter son logis que déjà il nous emmenait et nous installait, Edouard et moi, dans une chambre chacun, une douche chaude nous attendait et, comme si cela ne suffisait pas, le ratafia nous sera servi en guise de bienvenue. La nuit sera douce et réparatrice.
Monsieur Gérard Léglantier, MERCI !
Nous pensons à vous Marie-Jo et Dominique qui avez vécu ce genre "d'aventure" lors de votre périple jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle.
Nous avons pensé à toi aussi UKO, toi qui viens de souffler tes six bougies et nous t'autorisons à passer ton annonce puisque tu as tant insisté ces jours derniers. Bon anniversaire !