Dimanche 21 juin - 92,9 km – 5h45
C’est la fête !
C’est aujourd’hui la journée des fêtes : la musique est en fête, l’été est en fête, les papas sont à la fête, les amis venus à notre départ nous font la fête, les cyclistes, très nombreux en ce dimanche matin, nous mettent en fête par leurs encouragements, et pour Edouard et moi c’est surtout la fête parce que c’est aujourd’hui qu’on se lâche, c’est aujourd’hui le grand jour, le jour « J », the « D » day.
Il fait beau, la fraîcheur matinale nous aide à hisser nos vélos bien chargés jusqu’en haut de la côte de COYE LA FORET. Nous sommes bien installés sur nos deux roues et c’est le grand bonheur après tant de temps d’attente, après la préparation de ce périple très méticuleuse, trop peut-être.
Les routes nous sont assez familières jusqu’à la RN 17 et nous arrivons déjà à Ermenonville
pour laquelle j’ai toujours eu une grande affection pour son splendide parc où repose Jean-Jacques Rousseau, pour son château devenu un hôtel restaurant grand chic et où il faut faire l’annonce de son arrivée à l’interphone du très lourd portail ( !), pour bien d’autres raisons encore mais aussi pour son cachet très particulier que cette petite ville a su conserver au fil tu temps. Là nous faisons deux rencontres étonnantes.
D’abord celle d’un personnage qu’Isabelle avait l’habitude de rencontrer dans son cadre professionnel et perdu de vue depuis 1991 et ensuite, celle d’unamoureux de la randonnée qui a ressenti le besoin de venir partager ses très bons moments passés il y a longtemps sur sa bicyclette, à travers la France. Nous devinions à travers ses mots la passion et peut-être bien son envie de nous suivre.
Nous quittons la Picardie en entrant en Ile de France, c’est le début de l’après midi, l’heure où les cyclistes laissent la place aux automobilistes à moins que ce soient les mêmes qui soient passés du guidon au volant. Jusqu’à Meaux, les deux petits cyclistes que nous sommes sur cette grande route n’ont qu’une hâte, c’est de rattraper la vallée du petit Morin par les petites routes. Grands changements bien entendu puisque nous retrouvions la tranquillité sur notre petite reine et là, grande surprise, au milieu d’une clairière noyée de soleil et de vert tendre, dans un de ces innombrables bois qui font le charme de cette route, deux batteurs assis devant leurs impressionnantes séries de « caisses » toutes scintillantes, se partageaient visiblement un plaisir sans mesure avec pour seules spectatrices deux charmantes demoiselles se prélassant au soleil. Nous avions oublié quel jour nous étions. C’est ça aussi la fête de la musique !
En cette fin d’après midi, nous arrivons par vent contraire dans cette superbe vallée du Petit Morin ; après une belle descente, nous traversons Saint-Cyr sur Morin où les Brassens, Vian et Mac Orlan avaient coutume de se rencontrer. Les derniers hectomètres nous emmènent jusqu’à la demeure de Josette et de Raymond qui se font une joie de nous accueillir et nous, nous allons partager cette même joie à se remémorer des souvenirs de 37 ans.