


LES CYCLONAUTES EN
VADROUILLE
des Voyages et des Rencontres à
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Mardi 30 juin – Mancenans-Lizerne (France) – Saignelégier (Suisse) – 30,9km - 3h20
Ce matin, grand beau temps !
Laurence et Angelo nous laissent les clés de leur maison et les consignes pour fermer cette ancienne ferme rénovée avec un charme fou, à la manière des chalets de montagne, la lumière étant partout présente et élargissant les espaces déjà imposants. Notre départ suivra peu après. Nous sommes alors accueillis beaucoup moins bien que la veille avec une côte de 1 km, un seul petit kilomètre où certaines portions doivent dépasser les 15%, ce qui nous oblige à mettre pied à terre et à se délecter d’un magnifique décor sculpté par la lumière naissante du soleil. Une carte postale mais avec les senteurs matinales en plus !
Comme la veille, nous cherchons la meilleure posture à prendre pour tirer au mieux nos petites reines bien lourdement chargées, mais rien n’est simple en montagne
pour ce genre d’exercice.
Le réconfort nous vient du décor qui change à
chaque virage, à chaque vallée à la manière d’un décor de théâtre à l’entracte. Le réconfort nous vient aussi de l’autre, et chacun ne perd jamais de vue les difficultés que rencontre son
compagnon de voyage. C’est quelque chose que je ne pouvais soupçonner de la part d’Edouard puisque nous n’avons jamais été confrontés à vaincre de tels obstacles, en pareille circonstances. Il y
a toujours l’autre pour trouver les mots, les gestes, les silences qui aident à vaincre. C’est ça aussi un des challenges de ce périple, se découvrir d’autres facettes insoupçonnées !
Le paysage se déroulant de manière involontairement lente, nous sautons tout de même dans cette magnifique vallée du Doub, frontière naturelle avec nos voisins
helvétiques. Au bas d’une descente de 12 km, nous apprécions déjà le calme de la Suisse mais en même temps ses prix qui doivent être en relation avec le pourcentage des côtes à grimper et avec
leu
r longueur. L’image principale qui nous reste quand même, c’est
cette gentillesse, cet accueil suivi immédiatement d’une poignée de mains et ponctuée d’un « bienvenue » qui nous surprend et nous met à
l’aise à la fois. Nous restons quelques heures dans cette vallée frontière, au bord du Doubs, d’abord à chercher une connexion WI-FI que nous trouvons le plus naturellement du monde auprès d’un
restaurateur qui nous remet très facilement sa clé WEP (mille excuses pour les non-initiés), à prendre un maximum de force dans notre déjeuner et dans le repos nécessaire avant d’affronter ce qui
sera notre plus grosse difficulté depuis le départ, une montée de 9 km qui nous verra souvent pousser nos vélos. C’était prévu dans le contrat, à l’impossible, nul n’est tenu !
Après une première étape de moyenne montagne de moins de 31 km, nous sommes ragaillardis par deux boissons rafraîchissantes dans le premier véritable village suisse
et dans un camping vert
où se retrouvent bien espacés dans une forêt de
sapins, caravanes, camping-cars, tentes, tipis indiens, cabanes dans les arbres et roulottes de Bohème, le tout baignant dans un calme et un silence étrange. Nous nous sommes surpris, Edouard et
moi, à chuchoter pour se parler et choisir notre emplacement pour la nuit.
Après notre traditionnel plat de pâtes, la nuit ne peut qu’être douce. A demain !