Mardi 30 juin 2009
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Vendredi 26 juin – 37,5 km - 3h20 - de Domrémy-la-Pucelle à Moulin de Robécourt



Après un dîner à l’italienne et une nuit de gîte chez un couple d’Italiens très accueillant, nous nous mettons, petit à petit et sans l’avoir cherché dans une ambiance qui sera la nôtre dans quelques centaines de kilomètres. Ici, quelques habitants de l’Italie voisine sont peut-être venus prendre la place des Anglais chassés en leur temps par notre héroïne nationale. J’ai été rassuré lorsque j’apprenais que les touristes anglais affluaient dans ce charmant village de Domrémy-la-Pucelle. Faut-il des guerres pour faire se tolérer les peuples ?

Réveil en longueur et en douceur pour Edouard (10h), en vitesse mais en douceur aussi pour le papa qui profite de ces heures matinales pour faire des petits points d’écriture que nos fidèles lecteurs nous font la gentillesse de lire et de commenter parfois. Croyez-nous, en plus des découvertes en tous genres que nous faisons chaque jour, c’est un réconfort de plus que de se jeter sur des connexions WI-FI, finalement rares, et de lire vos réactions à notre virée vélocipédique. Ces connexions étant donc assez peu nombreuses puisque nous évitons les villes (sauf attraits particuliers) et les routes nationales, nous essayons et réussissons pour l’instant à écrire un article tous les jours mais qui est publié avec un décalage obligatoire. France Télévision ayant refusé de nous diffuser en direct, nous avons préféré ce principe.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à ceux de Jeanne la bergère !

Edouard et moi avons été surpris par une simplicité rassurante qui entourait le mythe « Jeanne d’Arc ». Un musée simple et une vidéo tout en images retraçant la courte histoire de la bergère, sa maison natale très dénudée laisse entrevoir une vie faite de modestie dans un village lui aussi surprenant par sa petitesse et situé en bord de Meuse. Mythe, légende ou réalité, notre détour par ce village, programmé au dernier moment, laissera des traces dans notre mémoire, je n’en doute pas.

Notre route vers la Haute Saône, que nous atteindrons demain, nous fait traverser quelques villages des Vosges avec ses maisons assez basses, trapues et bien charpentées, en prévision peut-être des hivers coriaces qui doivent sévir, et particulièrement le dernier. Parmi ces villages, il en est un dont le nom parlera à chacun, c’est le village de Goncourt, lieu de naissance des frères Goncourt, et qui a laissé le nom à un célèbre prix littéraire. Un peu plus loin, nous passons près d’une célèbre fonderie de cloches régionale qui s’est malheureusement arrêtée. C’est bien dommage, nous qui sommes en route pour Rome !

De villages en cultures, de vastes prairies vertes en fermes isolées, nous passons une agréable journée à mouliner le pédalier tranquillement mais en même temps à scruter le ciel qui s’assombrit de façon peu rassurante. Nous n’échapperons finalement pas à une averse qui nous narguait depuis une dizaine de kilomètres. Elle était belle celle-là ! Juste le temps de s’arrêter sur le bord de la route, d’enfiler nos vêtements de pluie, de « bâcher » nos sacoches arrières et de mettre à l’abri appareils photos et talkies-walkies. L’averse n’ayant pas l’air de nous laisser de répit et la fin d’après midi étant déjà bien avancée, nous décidons d’entrer dans une grande propriété, bien décidés à mendier un coin de grange puisqu’il n’était pas question d’installer la tente dans un pré sous une pluie battante. Nous sommes alors une deuxième fois surpris de l’accueil que nous réserve la population des campagnes. Après le vendangeois de la Champagne, M. Barret, artisan charpentier dans cette région de forêts, est désolé de ne pouvoir nous laisser sa grange ouverte puisqu’il n’en a pas, mais nous invite à passer la nuit dans ce qui sera bientôt un gîte d’accueil, au milieu d’une verdure de toutes les nuances, dans un futur moulin en reconstruction et au bord d’un ruisseau frayant son passage à travers prés, roseaux et sols pleureurs majestueux. Nous sommes contents d’être ses premiers passagers et, cerise sur le gâteau, M. et Mme Barret nous invitent à partager le repas de la soirée dans une grande simplicité et à échanger des propos des plus chaleureux.

C’est ça le bonheur des rencontres improbables, souvent l’enchaînement de petits faits anodins qui fabrique un moment de convivialité irremplaçable !

Lors d'une d'une nuit passée dans un moulin en reconstruction.

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